Le toucher Touch/to touch him
Aurèle Crasson, Jean-Louis Lebrave, Jérémy Pedrazzi, Laurent Alonso
Abstract
Le philosophe Jacques Derrida entreprend à plus de 50 ans de passer de la machine à écrire à l’ordinateur. Si MacWrite, le logiciel de traitement de texte qu’il gardera jusqu’à la fin de sa vie, ne modifie pas, selon lui, sa façon d’écrire, son usage pousse Derrida à reconsidérer la chaîne de production de ses textes au regard des contraintes imposées par le support numérique : le nommage des fichiers (différent du titre du texte), le stockage dans des dossiers, la sauvegarde des textes sur de nouveaux périphériques numériques et la gestion des copies que cela engendre, la communication des textes aux éditeurs et amis qui passe désormais davantage par une disquette que par une forme imprimée. L’usage du traitement de texte change, en revanche, pour Derrida une économie d’écriture qui s’exprime à travers les traces laissées dans ses fichiers nativement numériques. Cet article présente deux études parallèles menées dans le cadre du projet « Derrida Hexadécimal » : l’une concernant l’exploration de fichiers nativement numériques dans la perspective de leur étude génétique et une réflexion sur une nouvelle codicologie numérique, et l’autre présentant la genèse d’un corpus derridien, Le toucher, Jean-Luc Nancy, établie à partir des fichiers provenant des supports numériques du philosophe (disques durs et disquettes).